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Hum, hum...

Sur ce blog, vous allez trouver quelques petites notes sur mes lectures (je suis notamment un boulimique de bandes dessinées) également, quelques remarques sur ma petite vie, mes petites manies et quelques réactions (en textes bruts et parfois en petits dessins sans prétention)...

... choses lues, vues, entendues, vécues par un humain, instit de son état gardant les yeux ouverts sur le monde.

N'hésitez pas à fouiller dans les articles, les archives et à laisser une trace de votre passage, un commentaire au sujet d'une chronique...


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bd autobiograhiques

Lundi 27 février 2006
    série "Mes classiques" (1)

    Ces derniers mois, dans la presse BD et généraliste, j'ai lu différents articles qui parlaient de Jean Chistophe Menu. Hélas, positivement ou négativement, ils se rapportaient davantage aux capacités polémiques de Menu qu'à ses talents de créateur-éditeur-théoricien de BD (lui-même n'aime pas ce terme...). En effet, il a pris position sur la "fête de la bd" et sur le rachat de Futuropolis par Soleil (wait and see !)...
    C'est pour cela que je tenais à revenir sur l'auteur Menu.
    J'ai connu JCM à l'époque du "Linx à tifs". Il avait écrit une brève assassine (mais réaliste) sur notre fanzine. Je me suis dit : "une personne qui déverse une telle colère ne peut pas être foncièrement mauvaise". L'année suivante, je suis allé voir les fondateurs de ce qui devenait "L'association" afin de découvrir leurs productions mais l'adhésion était au dessus de mes moyens de l'époque (si, si). Les années ont passé (oh les belles histoires de l'oncle Paul), j'ai pris mon adhésion à l'association à la Pulpe. Et j'ai acheté "Livret de phamille".
    C'est un recueil de nouvelles prépubliées dans le magazine Lapin. Prenant pour principe l'autobiographie, JC Menu nous narre les premières années de sa vie conjugale et ses premiers pas dans la paternité. C'est à la fois réaliste, touchant et sans concession pour toutes les relations de l'auteur et pour lui-même en premier lieu. On peut le suivre à un colloque (avec sa rencontre avec Trondheim), aux EUA, à un piteux salon de la bd ou chez lui (avec sa compagne et ses filles) dans différentes situations de la vie (débuts dans le monde de la BD, découverte de l'amour, attente d'un bébé, scène de ménage, passage de la trentaine, rencontre
avec un poivrot fana du Hérisson, affrontements avec un voisin raciste...). A chaque fois, c'est l'occasion pour Menu de nous prouver  que le quotidien mise en images peut être riche en émotions et en sentiments sans passer obligatoirement par la fiction.
    Je l'ai relu dernièrement : le 19 novembre... je venais d'être père pour la seconde fois....
Par stéphane Lastère
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Mardi 4 avril 2006
Mes classiques (3)

        L'autobiographie est souvent perçue, considérée comme un type d'ouvrages  un peu pervers où un auteur réalise une sorte de journal intime, secret... ouvert à tous [euh... un peu comme les blogs...]. Certains dessinateurs sont devenus des pros dans ce domaine avec plus ou moins de bonheur (avec au dessus du panier : l'incorruptible JC Menu et l'excellent Mattt Konture).

        L'univers de Lewis Trondheim est très large (trop ?). Le dessinateur-scénariste est devenu incontournable dans... tous les styles de bandes dessinées !
        Approximativement est paru sous différentes maquettes ("comix" trimestriels, intégrales). Il relate les états d'âme de LT au "début" de sa déjà longue carrière. Il ne fait de cadeau à personne, et surtout pas à lui : il se dépeint comme un mysanthrope en éternel doute sur sa capacité créatrice.
        Beaucoup d'auteurs ont relaté cette période(les débuts de l'âge d'or de L'Association). Il est donc amusant de rechercher "qui est qui ?" dans le bestiaire trondheimien (présence d'un lexique "visuel" en fin de livre) et de découvrir les diverses versions d'une même anecdote  (la blessure de Dupuy à la main racontée également dans "Le journal d'un album" de Dupuy et Berbérian à L'association).
    Entre souvenirs d'enfance (les jolies colonies de vacances du petit Lewis) et projets plus ou moins avortés (carrière japonaise de la Mouche) en passant par les soirée festives et arrosées dans les locaux de l'Association, nous suivons donc Trondheim pendant plus de 140 pages dans ses pages faussement brouillonnes se terminant sur un déménagement à la campagne à mettre en parallèle avec le "Retour à la terre" de Ferri et Larcenet.

        Quelques années plus tard, Lewis Trondheim publiera ses "Carnets" à L'Association sur un principe similaire mais plus spontanée.
Par Le steph
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Mardi 20 juin 2006

Je vous ai déjà parlé du fait que je suis adhérent depuis quelques années à L'Association dirigée par Jean Christophe Menu qui, dans le milieu de la bande dessinée ne laisse pas indifférent (positivement ou négativement) Pour ceux qui ne connaîtraient pas, peu ou prou cette maison d'édition, y être adhérent permet, notamment de recevoir divers courriers d'informations et quelques petits « cadeaux ». Parmi ces derniers, il y a la carte de voeux.

Même si je ne suis pas en complet accord avec eux, je pense que l'Asso a provoqué d'importants changements dans le neuvième art qui profitent aujourd'hui à pas mal d'autres éditeurs. C'est pour cela que je continuais chaque année de prendre mon adhésion à leur stand lors du salon de la BD d'Angoulême. Or, cette année, sur la cité charentaise, de neige beaucoup mais d'Association nenni (visiblement ce sera un de leurs sujets du n°2 de L'Eprouvette).


Donc je n'ai pris « ma carte » que la semaine passée. Et dans l'envoi volumineux qu'ils m'ont fait parvenir il y avait donc la carte de voeux précédemment citée.

Sous la forme d'un petit livre de la collection « Patte de mouche », ces quelques pages signées Menu sont un véritable joyau d'auto-dérision de la part de la mappemonde. Se représentant sous les traits d'un génie malin, il propose à un lecteur de réaliser un voeu de son choix. Mais celui-ci doit, tout d'abord, être soumis à différentes épreuves dont la plus difficile est la présentation de sa bibliothèque au terrible Jean Christophe ! Mais sous le flot des réflexion acerbes du vilain lutin rayé, le pauvre garçon fond les plombs... A quel degré faut-il lire ce petit ouvrage ? Un mea culpa ? Un no pasaran ? Un « je vous ai tous bien eu depuis des années » ? je ne sais pas. En tous cas, je l'ai apprécié comme une petite nouvelle bien fichue et bourrée d'humour qui me fait regretter que JCM n'est pas une production graphique plus importante...

Ah, j'oubliais... ce petit livre est, hélas, hors commerce... Dommage !

[Egalement à L'Association, voir aussi l'article sur Livret de phamille]

[lire ici l'article sur le Salon d'Angougou]

Par Le steph
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Mardi 26 septembre 2006

Le Grand tour est un agréable pêle-mêle d'un dessinateur nord-américain installé en Angleterre qui nous narre ses différents voyages en Europe (Grande Bretagne, France et Espagne) avec pour motivation principale la découverte culturelle du vieux continent. Sans véritable trame précis si ce n'est une sorte de marabout-de-ficelle qui suit le fil de ses pensées. Nous avons parfois droit à quelques pages construites autour d'une visite ou une sortie particulière à Toulouse ou Barcelone pour passer directement à une série de croquis sur le métro londonien. Voyage spatial mais aussi temporel sans plus de logique avec des flash-back dans l'enfance ou l'adolescence. l'album se clôt par un retour au source dans la famille de l'auteur pour le mariage de sa soeur selon les principes d'une communauté new-age.

 



Tout ce méli-mélo est assez intéressant car Matt Boersma se livre malgré tout à une réflexion sur la place de l'étranger qui progressivement peut devenir également étranger à son propre pays.

Le graphisme louche vers les carnets de Joann Sfar à l'Association.

Carnet de voyages aux dessins approximatifs mais vivants, ce livre m'a redonné envie de lire des bandes dessinées autobiographiques

Cet ouvrage est paru aux Editions Flblb.

 

 

(chronique non définitive)


 

 

Par Le steph
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Vendredi 10 novembre 2006


Mes Classiques (5)


Mes années lycée ont été aussi mes années fanzines. Dans ce domaine, j'étais un obscur qui ne faisait que quelques rédactionnels (Beauty Palace, Black Fly...). Par contre, je dévorais les productions indépendantes qui me tombaient sous les yeux (PLGPPUR, Rock Hardi, Le lynx à Tifs, Grand le plus petit fanzine...).Sans les connaître réellement, je suivais les créations de quelques jeunes auteurs de l'époque (Yannick Durou, JC Menu, Manu Boisteau...) Certains par la suite vont émerger d'autres hélas non...

 


Dans ce flot créatif, un auteur, Mattt Konture, semblait être à part. Dans ces multiples planches, on découvrait une double nouveauté tant sur le plan graphique que scénaristique. En effet, cela ne correspondait en rien à ce que j'avais déjà lu. Je dois reconnaître que je n'ai pas apprécié de suite ses pages. Ces personnages sortis d'un cirque macabre qui se baladaient dans des cases biscornues n'inspiraient pas l'identification du lecteur adolescent acnéique et ricanant que j'étais, tout au plus une certaine pitié morbide.


J'ai mûri, son style aussi sans doute. ce qui explique que, quelques années plus tard, quand je l'ai redécouvert mon avis était tout différent. Pourtant l'idée maîtresse de sa "série" Auto-psy d'un mort-vivant" n'est guère plus réjouissante. Relançant en 1998 son Krokodille Komix, Mattt Konture réalise une autobiographie des plus saisissantes. Dire qu'il se livre dans cette série est un euphémisme tant sa franchise et sa capacité à ne rien dissimuler est impressionnante.


Equivalent crumbien au Journal de Fabrice Neaud (chronique à venir), KKII et les publications suivantes (Tombe (la veste), Head Banger for ever, Cinq heures du mattt, Sclérose en plaques et dans une moindre mesure Barjouflasque en attendant Filasse) sont une auto-analyse, parfois un bilan biographique dans le domaine du plus-qu'intime. On hésite entre la gène devant tant de franchise et l'admiration. Mattt Konture nous narre par l'intermédiaire d'un de ses nombreux alias (Yvan Morve, Bart Kontru.... Mattt Konture) la vie d'un artiste hors des courants, bourré de talents et d'originalité mais indécrottablement incorruptible et pas bancable pour deux sous. Même, et surtout, dans sa vie privée, il ne nous cache rien de ses déboires familiaux (séparé de la mère de sa fille, il ne voit cette dernière que par de larges intermittences)et de son mal-être (euphémisme). Comme il est libéré de toutes pudeurs sur ses sentiments ou sa façon de vivre, il en est de même de toutes contraintes narratives et bédétesques.


Globalement bluesy (euphémisme n° 2), l'espoir renaît parfois, souvent lié à des rencontres.
Mais parfois l'humour sait montrer son nez comme quand MK se réveille le lendemain d'un festival alternatif et qu'il découvre le chèque de soutien qu'il a fait aux organisateurs ou quand des voisins lui font une farce en se déguisant en pseudo martiens.


Pour les mordus de bd autobiographiques, cette série est un passage plus qu'obligé car les hachures du graphisme de l'auteur n'ont d'égales que les déchirures réelles qu'il subit. Elle est pour moi l'un des fleuron, un quasi-incontournable dans ce domaine.

D'où vient l'intérêt de l'autobiographie ? En effet que peut apporter un tel dévoilement de l'intime ? En quoi on quitte le domaine du voyeurisme pour aller vers un écrit qui s'approche d'une oeuvre artistique ? Justement par l'universalité des thèmes abordés, un auteur tel que MK arrive à mettre des mots, des images sur des émotions, des troubles, des joies voire des concepts qui peuvent concerner le lecteur pékin moyen qui lui n'est pas forcément capable de les exprimer de la sorte.

Je n'ai pas encore lu le dernier volume, "Sclérose en plaques" car je souhaite l'acquérir au salon d'Angoulême où j'espère Mattt Konture fera le déplacement (en espérant un retour du stand "L'Association"). D'ailleurs, c'est assez étrange de se faire dédicacer un livre par MK car on a l'impression de bien le connaître alors que la réciproque n'est pas vraie.


Je suis actuellement en train de lire une monographie sur Mattt Konture. Je vous en reparlerai sans doute dés que je l'aurai terminée.

Par Le steph
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