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Hum, hum...

Sur ce blog, vous allez trouver quelques petites notes sur mes lectures (je suis notamment un boulimique de bandes dessinées) également, quelques remarques sur ma petite vie, mes petites manies et quelques réactions (en textes bruts et parfois en petits dessins sans prétention)...

... choses lues, vues, entendues, vécues par un humain, instit de son état gardant les yeux ouverts sur le monde.

N'hésitez pas à fouiller dans les articles, les archives et à laisser une trace de votre passage, un commentaire au sujet d'une chronique...


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bd "franco- belge"

Samedi 18 février 2006
    Et voici le retour du fringant Jack Palmer.
    Cette fois-ci, il est chargé de retrouvé une jeune fille converti à l'Islam et qui, du coup, a tout quitté : famille, études...
    Encore une fois, Pétillon choisit un sujet sulfureux de l'actualité et le traîte sur ton de l'humour. Les situations et les répliques sont précises, percutantes et bien rendues avec une certaine audace, il faut le reconnaître. Cet album par le biais du rire nous pousse à réfléchir (un peu) sur ce sujet qui pourrait prêter au derapage, heureusement éviter par l'auteur. Mais la ligne est difficile à tenir pour ne pas tomber dans le consensus mou et parfois Pétillon...
    Un regret : comme dans "L'enquête corse", Pétillon réussit le coup de force de brosser un tableau hillarant à partir d'un point de départ qui ne l'est pas mais, pour moi, il n'arrive pas à terminer réellement son histoire qui sur la fin retombe un peu comme un soufflet malgré une pirouette scénaristique bien trouvée.
Par stéphane Lastère
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Mardi 28 février 2006

        Lors du dernier salon de la BD d'Angoulême, j'ai acheté Némo par Brüno (treize étranges milan). Cela faisait plusieurs FIBD que je suivais la publication des différents tomes  de cette série me promettant de l'acheter un jour ou l'autre. Mais cette année, les éditions Milan ont eu la bonne initiative de publier l'intégrale dans une nouvelle version Noir et Blanc recadrée en format carré. J'ai investi.
        Némo est l'adaptation par Brüno du quasi mythologique 20 000 lieues sous les mer de Jules Vernes. Je parle de mythologie car le récit des aventures du capitaine Némo est connu de tout-un-chacun. Et ceci, il faut bien le reconnaître, en partie grâce au film des studio Disney avec James Mason et Kirk Douglas.

    Ce qui est intéressant dans cette version, c'est que Brüno a choisi de changer quelque peu le fil du récit. Résultat : le frisson renaît car le lecteur se rend compte que rien n'est acquis et que la fin attendue n'est peut être pas celle que nous allons découvrir à la dernière page.    Les personnages sont eux-aussi soumis à de légères transgressions par rapport au roman originel. Et, à nouveau, ce n'est en rien désagréable, bien au contraire. Le capitaine Némo reste à la fois inquiétant et charismatique.


     Brüno s'amuse à nous faire de petits clins d'oeil sur les situations secondaires comme ce marin qui pourchasse le Nautillus tel Achab Moby Dick et qui s'appelle Melville !

    Bref, je vous le conseille.

Par stéphane Lastère
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Mardi 7 mars 2006

        Les fictions (BD, ciné...) et l'actualité font rarement bon ménage. Souvent, elles courent après un phénomène davantage pour profiter de la vague porteuse que pour donner la propre interprétation de créateurs. De ce fait, j'avais un peu de réticences à me plonger dans Le sourire du clown de Brunschwig et Hirn. Une histoire se passant dans une banlieue... pendant des émeutes....

        Bref, l'album (offert) traînait dans ma bibliothèque depuis décembre. Quelques uns (unes) tentaient pourtant de me convaincre. Donc, je me suis lancé. Et là, surprise... agréable surprise...

        Tout d'abord, l'angle d'attaque : un cirque, une une « bonne du curé » ! Ensuite, la forme : un récit en flash back, déstructuré juste ce qu'il faut. Et quelque chose que j'oserais nommer par un néologisme de mon cru : l' « im-pérénité » des personnages. En effet, sans vous dévoiler les rebondissements, aucun ne semblent protégé par « la loi des séries ». Et cela pour le plus grand plaisir des lecteurs (... comme moi) qui aiment bien se faire surprendre en se laissant berner par les portraits dressés et en se disant que l'on ne peut savoir lesquels des personnages réussiront à rester jusqu'à la fin de l'histoire prévue en trois tomes.

        Le pitch : à la suite d'un fait divers glauque, l'univers de différents messieurs et mesdames « Tout-le-monde » (pas tant que ça) oscille entre quotidien et évènements en gravitant autour de la personne d'un adolescent autiste.... Partez pas, partez pas... Tous cela se lit sans problème avec de l'action, de l'humour (parfois), de l'émotion, de l'ambiguïté, bref un livre de qualité.


Par Le steph
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Mercredi 12 avril 2006
    Quand on parle de monuments, le plus souvent, c'est associé aux vieilles pierres. Dans le monde de la Bande dessinée, il s'agit, comme dans d'autres domaines de la littérature, d'auteurs morts (si, si). Les rares monuments bd vivants sont davantage abordés par une oeuvre fournie mais ancienne et non renouvelée récemment que par une nouveauté chez les libraires. C'est dommage car c'est contenir un art en perpétuel renouvellement à quelques bouquins indispensables mais depuis trop longtemps dans la naphtaline...

    Parmi les rares "dinosaures" qui échappent à cette règle, Tardi est sur mon podium !

    Dans mon itinéraire de boulimique de bandes dessinées, Tardi a une place particulière. En effet, pré-adolescent, j'avais emprunté
"Adèle et la bête" le tome 1  de la série "Adèle Blanc-Sec" à la bibliothèque de mon village (j'en avais entendu parler lors de l'émission "La tête et les jambes" où un candidat féru de BD avait bloqué sur une question autour de cette "suffragette", bref... ). Entrant dans cette série que j'allais suivre longtemps, je découvrais également pp 22 et 29  mes premières scènes de nue (si, si) Quel émoi !

    Bref, fini les madeleines! Aujourd'hui, entre "Le cri du peuple" et son "Petit bleu de la côte Ouest", Tardi reste sur le devant de la scène, mais et maintenant ?

    Maintenant, son actualité, c'est "L'étrangleur".

    Adapté d'un polar de Siniac, "Monsieur Cauchemar" (déjà adapté en BD) ce récit nous replonge avec délectation dans le Paris des années 50 (comme seul Tardi sait le faire... oui, oui, je sais c'est devenu un lieu commun) où un tueur en série jette son dévolu sur un comédien minable dans des ruelles brouillardeuses au possible pendant une grève de la police.

    Au delà du pitch ci-dessus, la publication de L'étrangleur se révèle aussi être un défi éditorial. En effet, précédant une publication en album, ce premier épisode qui, à priori en sera suivi de quatre autres, est prépublié sous forme de journal d'époque avec simili pub  et vrai-faux articles d'actualité et tout cela pour moins de deux euros.

Deux petits bémols (cela fait une note complète non ?) :
1) L'épisode en soi est tout de même court et de ce fait on reste (positivement) un peu sur sa faim, on a envie de savoir la suite....
2) Qu'en sera-t-il de la publication en album ? j'espère que l'éditeur ne nous fera pas le coup de faire une intégrale avec des suppléments non édités dans les 5 feuilletons juste pour pousser les fans à acheter les deux versions...

Par Le steph
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Mercredi 26 avril 2006

Depuis 6 mois, dans les différents forums auxquels je participe plus ou moins activement, le débat sur la bande dessinée franco-belge (oh que je n'aime pas ce terme !) se focalise sur la relance des éditions Futuropolis.


Les néophytes peuvent se demander pourquoi un tel débat ?
deux raisons :
Futuro était et demeure une maison d'édition mythique de par son histoire, son inventivité (liberté quasi totale des formats et de la pagination),son influence sur la naissance de certains éditeurs indépendants (L'association notamment).
La maison Futuro a été reprise par les éditions Soleil, symbole pour certains de la bd commerciale par excellence (L'association notamment)

Mon parcours bdphilique m'a plus souvent amené sur les chemins jean-christophe-menuesques que sur les nationales Boudjellalantes. Je suis adhérent à L'Association. Mais j'essaie toujours de rester ouvert. Donc autant juger par soi même.

J'ai donc commencé par Le sourire du clown, préalablement chroniqué par votre serviteur.

J'ai ensuite porté mon intérêt sur la nouvelle collection 32 de Futuro. Le concept (si concept il y a) en deux mots : publier des récits en feuilleton sur une durée raisonnable avec un prix également raisonnable (moins de 5 € l'épisode).
Sur le papier l'idée pouvait être alléchante, restait à savoir si la qualité narrative allait suivre. Quatre séries ont été lancées sur la même période, Mes fonds n'étant pas extensibles à l'infini, j'ai dû choisir.  J'ai investi dans L'idole dans la bombe et Guerres civiles.

Pourquoi ces deux livres ? En feuilletant les quatre "32" au CNBDI, ces albums semblait avoir la même thématique... impression avéré juste par la suite.

L'idole dans la bombe
Comment garder la tête hors de l'eau si l'on vit sous je joug d'un dictature omnipotent ? Presle et Jouvray (Jérôme, la moitié dessinante de Lincoln) nous présente les destins croisés d'un horloger prêt à tout tombé dans la marginalité, un physicien à valise spécialiste de la fission et du cancanement, une chanteuse à succès courtisable et courtisée par l'establishment...
Pour ces personnages, la bouée de sauvetage c'est le passage vers la Confédération des Etoiles, leur Ouest à eux.
Jouvray réussit le coup de force de réunir dans son graphisme noirceur des âmes et luminosité de l'espoir, bravo !
La narration est riche en rebondissements mais je regrette toutefois le manque de cliffhanger à la fin de l'épisode qui donnerait réellement envie de courir chez son libraire, tout de suite sans pouvoir supporter l'attente du n° 2 au mois de juin...

Guerres civiles
Le pitch : dans un Paris u-chronique de 2007, des français moyens sont visiblement confrontés au chaos d'une guerre civile. Comment réagir lorsque l'on est confronté à une tel horrible problème ? est-il possible de faire des projets ? Ou se situe la lâcheté ? Est-on certain d'être courageux ? Et nous, lecteurs, comment agirions-nous ?
Voilà l'idée. Mais dés les premières cases, le concept crève le papier : ces personnages ordinaires sont en fait les scénaristes et le dessinateur de l'album : Ricard, Morvan et Gaultier. C'est à ce niveau que se situe l'idée maîtresse des auteurs. Plutôt que de tomber facilement dans le piège de choisir un échantillon représentatif des CSP française ou des communautés, ils ont choisi de se questionner sur leur hypothétiques propres options qui pourraient s'ouvrir à eux en cas de conflit. Ce qui, pour moi, permet de personnaliser ce récit et de se sentir impliqué (bien que n'étant, pour ma part, ni dessinateur ni scénariste).

D'ailleurs, que ferai-je si j'étais confronté à une guerre larvée, parlerai-je de la même façon à mes voisins ?... à celui de gauche ?... à celui de droite ?... et celui d'en face ?


Donc comme dans nombres de mes chroniques, en ce qui concerne le débat sur l'ancien et le nouveau Futuropolis, je conclus avec mon mythique « wait and see »... Car pour l'instant, je n'ai pas d'opinion tranchée, ni dans un sens, ni dans l'autre. Je lis régulièrement le topic dans le forum de Bdgest, et, là-bas également ce n'est pas terminé. Mais promis, je me donne encore un round d'observation et je vous en reparle... si cela vous intéresse !

Par Le steph
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Samedi 6 mai 2006

Mes classiques (4)

Pour débuter, une petite précision entre parenthèses, dans un commentaire laissé sur une des chroniques "Mes classiques", un visiteur trouvait que le choix des classiques était étrange. Dans ces articles, je parle de MES classiques. Ce sont, pour moi, des livres qui m'ont marqué ; soit sur le plan de mon avancée dans la découverte de"l'art séquentiel" comme une étape, un moment de vie, soit parce qu'ils représentent un incontournable de l'Histoire de la BD. Il peut donc y avoir des choses anciennes comme des plus récentes. Ce qui est rassurant somme toute car cela montre bien que la Bande dessinée est une littérature en constant renouvellement . Je n'ai pas fait de catégorie mes classiques, j'ai laissé chaque chronique de ce type dans les catégories respectives (bien que je n'arrive toujours pas à me faire au terme de "franco-belge"). Tout ceci est bien sûr très subjectif... mais comment peut-il en être autrement sur un blog-site ?
Fin de la parenthèse (un peu longue tout de même).


Sur l'ensemble de la série de l'énigmatique fracturé nasal, on peut retrouver toutes les formes de choix narratifs : les one shot (L'homme à l'étoile d'argent", "Arizona love"), les story arcs (ensemble de quatre, cinq albums narrant une histoire complète) et une progression  sur la totalité de la collection.

Dans les incontournables de la Bande Dessinée, j'ai souvent observé que mes préférés fonctionnaient souvent en diptyques. Il en ai de même pour Blueberry  : "La mine de l'Allemand perdu" et "Le spectre aux balles d'or"

A peine sorti de son premier affrontement avec Allister, le lieutenant Mike S. Blueberry est détaché dans un trou perdu afin d'assurer l'intérim jusqu'à l'arrivée d'un nouveau shérif. Il est assisté de Mc Clure. A la suite d'une rixe au saloon, il fait la rencontre de l'Allemand Von Luckner dit Prosit... et l'arrête. Celui-ci leur parlent tout de go d'une mine incroyable qu'il aurait découverte au cours d'un de ces précédents voyages. Pour "Nez cassé", tout ceci respire l'arnaque mais pour son adjoint l'appât de l'or est quasiment plus fort que l'amitié. Sur ce trio narratif (le mari, la femme, l'amant ?) vont se greffer une pléiade de personnages secondaires (notamment des chasseurs de prime aux méthodes douteuses). Ce pack de personnages va se livrer sur les deux livres à un jeu de piste / course poursuite / chassé-croisé au gré des alliances et des trahisons avec en ligne de mire un fabuleux trésor...


Pour ceux qui aiment, on retrouve tout ce qui plaît dans les westerns : les grands espaces, les personnages troubles, le héros incorruptible, le serpent venimeux, les Indiens...
Recordman hors catégorie de l'infame, ce cher Prosit chez qui on se sait pas qui du machiavélisme, du sadisme ou de la concupiscence est le plus puissant...

Au delà, on peut s'intéresser aux deux notions souvent associés amitié/trahison. En effet Mc Clure nous refait le coup de "l'ami sur lequel on ne peut pas compter mais qui finit toujours par se racheter". Ce n'est pas le seul ami récurant de Mike S (Red Neck par exemple) mais c'est un personnage intéressant car régulièrement on sent le côté obscur qui lui titillent les oreilles.
Un autre exemple de trahison apparaît dans ces albums mais je n'en parlerai pas, ne voulant pas déflorer l'intérêt du scénario.
Paradoxalement  dans cette histoire, les chasseurs de prime ne seraient pas finalement les deux amis vraiment fidèles.

C'est l'un des albums où Giraud et Charlier tentent certains effets graphiques qui me font apprécier cette série. Ainsi, la vignette clôturant le règlement de compte à la fin du premier tome est quasiment cinématographique. Les détails des paysages sont superbes. La visite du village indien découvert sous plusieurs angles est un pur moment de plaisir.

"La mine de l'Allemand perdu" et  "Le spectre aux balles d'or" ne débutent pas la "collection" des Blueberry mais peuvent très bien être lus indépendamment du reste sans aucun problème de compréhension. C'est pour cela qu'ils peuvent être un bon moyen de se lancer dans cette série afin de découvrir les talents scénaristiques de Charlier et le sublimissime coup de crayon de Giraud. A ce sujet, il est intéressant ensuite de prendre son courage à deux mains et de commencer la lecture chronologique car au delà d'une fantastique histoire qui se tient globalement sur maintenant plus de 20 tomes et quatre décennies, on assiste à l'évolution du style graphique de Gir un des maîtres.


Par Le steph
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Samedi 9 septembre 2006

J'ai découvert Chauvel avec l'album "Trois allumettes" réalisé avec Boivin, assez prenant avec des astuces scénaristiques. Ensuite, j'avais lu une interview de lui dans feu "Pavillon rouge" où il déclaré en substance vouloir devenir Alan Moore ou rien...  Depuis je jette toujours un oeil sur ses productions. Je ne suis pas déçu. Dans l'ensemble, les scénari sont relativement bons mais, parfois, certains choix graphiques ("Ce qui est à nous") pêchent un peu à mon goût...


Je suis donc tombé sur "Nuit noire" (version réunissant les trois albums). Je sais que ce n'est pas une nouveauté, mais il n'est jamais trop tard. En le feuilletant, on se rend compte que le dessin de  Jérôme Lereculey (auteur d'"Arthur" sur un scénario de Chauvel également) est assez fouillé et précis, riche en hachures sans en abuser.


Road movie nocturne de deux paumés de banlieue qui s'avancent inexorablement vers la mort et la déchéance. Tuant "accidentellement" deux policiers menant une enquête de routine, Joël et Marc roulent vers l'Espagne dans l'espoir très hypothétique de se refaire une virginité de l'autre côté des Pyrénées.


La narration est osée. On connaît dès le départ l'issue dramatique du récit. Mais grâce aux astuces scénaristiques et aux flash-back intelligemment utilisés. On suit avec intérêt l'itinéraire de l'enfance à l'âge adulte (ingrat ?) des deux "héros" dans une cité ordinaire. L'un d'eux va être jugé et il narre à son avocat commis d'office leur minable escapade sans issue, gardant pour le lecteur l'aparté d'un parcours en amitié de deux loosers.


Le parti-pris de nous dévoiler assez rapidement la chute narrative rend obsolète l'espoir d'une porte de sortie positive dans le schéma qui se construit mentalement chez le lecteur. Pour autant, l'attrait ne faiblit pas et Chauvel sait faire rebondir son histoire au fil des trois chapitres. Il aborde donc des thèmes aussi risqués que l'éducation, le handicap, la banlieue... Ainsi, le côté "polar noir et social" fait tendre ce livre vers Didier Daenynx et  J. Patrick Manchette. Il y a pire comme référence !

Par Le steph
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Dimanche 22 avril 2007


PassemuraillesLes1-30042005.jpg

La chronique sur le quotidien en bd est un genre à lui tout seul. Il en est de même pour le fantastique. Avec pour chacun des fans assidus...
Je viens de dévorer "Les passe-murailles" un réjouissant diptyque (pour l'instant ?) qui réussit la prouesse de réunir les deux dans les mêmes planches.
En effet, les auteurs Stéphane Oiry (dessin) et Jean-Luc Cornette (scénario) réalisent un coup de maître. En effet en choisissant des petites nouvelles contemporaines, le plus souvent autour de trentenaires urbains, ils y font intervenir la magie en octroyant à certains des personnages le pouvoir de traverser les parois de tous types. Ainsi, des situations telles que les soirées diapos chez les amis, les plans dragues un peu lourds, une beuverie entre copines, les bassesses de l'adultère ou les petits riens d'un amour naissant trouvent une dimension supérieure de par cette capacité pour le moins hors du commun. Ce qui fait la force de ce récit est , pour moi dû au fait que la magie intervient le plus naturellement possible, comme si de rien n'était et ceci sans noyer le récit d'effets et surtout sans faire perdre l'intérêt pour les saynettes du quotidien. Le graphisme de S. Oiry est nerveux et généreux et la mise en couleurs est un délice. Chacune des histoires est indépendante et même si pour une ou deux auraient mérité un peu de concision, l'ensemble forme une très plaisante narration réalisée à partir d'une excellente idée de départ... un peu comme si Monsieur Jean couchait avec Hermione Granger ...



PassemuraillesLes.jpg



Par Le steph
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Mardi 8 mai 2007



    Quand le dessinateur de Bouncer et de Bouche du Diable croise l'un des scénaristes qui montent, deux options s'offrent à nous : soit un énième coup médiatique dans le monde de la bd soit une série qui va peut être marquer l'univers de l'art séquentiel... Dans le cas du Janitor, j'ai, dans un premier temps, cru à la première voix tant la police du titre m'a hérissé le poil à la découverte de la couverture...


    Une fois passée cette première impression, les premières planches nous plongent rapidement dans le feu de l'action. Le pitch en quelques lignes : Vince jeune prêtre quelque peu iconoclaste est chargé d'escorter des spécialistes du Vatican aux quatre coins du monde ou plutôt aux endroits mythiques de l'histoire biblique. C'est donc à Malte que débute ce premier épisode. En effet, la première partie de l'album raconte en flash-back confessionnel l'achat à rebondissements multiples d'un document mystérieux. De retour à Rome, le fougueux Vince est recruté pour devenir un Janitor, gardien secret de la curie romaine, pseudo James Bond à la solde des pontes du Vatican. A partir de ce moment, plusieurs intrigues se croisent : des nostalgiques du temps des croisades rejouent Godefroy versus Saladin, un employé minable tente de vendre des infos à un gratte-papiers, un attentat terroriste endeuille Téhéran et notre super curé (l'est-il vraiment ? ne l'est-il pas réellement ?) est chargé de surveiller des cardinaux en partance pour Davos... Le tout est ponctué de solides scènes d'actions et même le fantastique pointe parfois son nez...


    Le trait de Boucq est toujours aussi agréable, élégant et efficace. Les faciès de certains sont un délice (sublime gros plan sur le journaliste américain), les décors et les reconstitutions travaillés (le Vatican, le Krack...)
En ce qui concerne le scénario d'Yves Sente, tel un pilote de série télé, ce premier tome "L'ange de Malte" pose les situations et les différents personnages, nommés ou juste présentés. C'est peut être sur ce point qu'est la limite de l'album.  Vue l'étendue narrative et spatiale, on ne fait qu'effleurer les profils et les situations sans les approfondir vraiment si ce n'est la personnalité du héros.  Comme souvent, il faudra sans doute attendre le deuxième tome afin de s'attacher réellement à cette série qui, il faut le reconnaître, est assez engageante. Donc... wait and see... Pour poursuivre le parallèle et la comparaison avec un pilote télé, ce dernier, justement, est souvent beaucoup plus long... justement pour permettre d'avoir le temps de poser l'intrigue et d'accrocher le public. Ne peut-on pas imaginer que les éditeurs de bandes dessinées reprennent l'idée et acceptent de changer la pagination des premiers tomes des séries nouvelles ?
    Autre réserve : les passages obligés ! L'hôtesse était-elle nécessaire ? si ce n'est, à la limite, pour asseoir l'aspect irrévérencieux du héros... Admettons...


    En conclusion, avec ce premier album prometteur, les auteurs posent les jalons d'une série en devenir en espérant qu'elle réponde à l'attente créée sans trop loucher, je l'espère,  vers le détestable Largo W. mais plutôt vers un mixage du Triangle secret et du Poulpe...




Par Le steph
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Mercredi 28 novembre 2007

 

Lucille.jpg
     Un coup de coeur, un coup au coeur...

  Il y a quelques mois je m'étais intéressé à la sortie de ce livre. Déjà, livre-objet sortant des standards de la bd, ce gros volume sortait du rang (quoique, depuis longtemps certains éditeurs tel que Casterman, L'Association ou Cornélius ont brisé la prépondérance du "48 pages CC"). De plus ma nièce s'appelant Lucille, je me projetais déjà en période de Noël ("tiens, pourquoi pas une bd ?").  Finalement, ma rencontre avec l'ouvrage s'arrêtait provisoirement là.
L'autre jour pourtant, à la bibliothèque, mon oeil fut à nouveau attiré par "Lucille". Je l'empruntais donc.

    Le graphisme tout d'abord. Car c'est dans un premier temps cet aspect-là qui intrigue et sort du lot. En effet, nous ne sommes pas ici dans les classissiques planches avec gaufrier mais Ludovic  Debeurne nous avait déjà confrontés à son trait précis et sec. N'usant pour ainsi dire quasiment jamais d'ombre ni de trame, ses planches se tendent vers la gravure d'illustration épurée. Libéré des cases, son dessin s'enrichit en émotion par l'ascétisme de sa ligne.

    L'histoire ensuite. Nous suivons le destin croisé de deux adolescents, Lucille et Arthur, en mal d'amour et aseptisé et stérile chacun à sa manière sur le plan relationnel et social. Elle anorexique victime d'une mère trop présente, lui pseudo sataniste bourreau de ses amis d'infortune. De leur rencontre devant tout au hasard va naître une idylle, dans un premier temps platonique, qui va les entraîner dans un long périple tant géographique qu'intérieur.

    Efficace et avare en effet gratuit, ce récit ne peut laisser de marbre, personne n'en sortira indemne et insensible, ni Lucille, ni Arthur,... ni le lecteur...

    Cet ouvrage indispensable, à la fois appel d'air vers les autres et réflexion sur sa propre expérience du passage à l'âge adulte, représente un des OVNI de cette année qui va bientôt tirer sa révérence... Lu par hasard...  (heureux hasard parfois), conseillé avec conviction !

Par Le steph
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