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mes petits détails de lecture (surtout BD), petits détails de vie

"Les années spoutnik #1 le penalty" de Baru

2 Avril 2007 , Rédigé par Le steph Publié dans #Actus

    En 1978, à Nontron, l'un des maîtres des CM2 s'occupait de l'étude à la suite de la classe. Il s'agissait de faire ses devoirs avant de rentrer chacun chez soi. La longue récré qui précédait ce temps studieux était chaque soir phagocytée par le match de foot. Après la formation des équipes, moment déjà fort humiliant pour ma pomme (oui, oui c'était moi celui qui était choisi en dernier ou qui était choisi en échange d'un but d'avance pour l'équipe qui me faisait l'aumône de daigner me prendre...), le coup d'envoi était sifflé (sans les doigts s'il vous plaît). Mon poste : arrière gauche. nous avions tous pris comme pseudo un nom d'un des joueurs de l'époque. Pour ma part, c'était Maxime Bossis... c'est dire mon charisme dans les 70's !... Bref, ces matchs improvisés étaient surtout l'occasion de régler certains problèmes qui avaient jailli au cours de la journée : qui n'avait pas laissé son voisin copier, qui avait doublé à la cantine...


    Le livre de Baru, Les années spoutnik (tome1) c'est un peu voisin à l'échelle d'un quartier. Il y a ceux d'en-haut et il y a ceux d'en-bas. Les conflits, comme toujours entre enfants, partent d'un rien et font l'objet d'une bataille rangée en suivant. Bataille s'arrêtant au premier sang ("First blood" ?) versé, l'affrontement se réglant autour d'un ballon rond sur le terrain vague voisin...

    Des bassins de La piscine de Micheville au bitume de Sur la route encore en passant par Quéquette blues et L'autoroute du soleil, Baru traite régulièrement les affres de l'enfance et de l'adolescence (plus qu'avancée) de manière plus ou moins directe. Sans nostalgie mais plutôt avec un regard porté sur des rêves abandonnés ou consumés il nous narre souvent les concessions (nécessaires ?) pour aboutir sans trop de casses à l'âge adulte comme un idéal futur quasi inaccessible à atteindre par rapport à un passé à jamais irréversible sans jamais (à mon avis) être un adepte du "de mon temps ma bonne dame..."


Les années spoutnik ne dérogent pas à la voie qu'il semble avoir choisie. Les jeunes gamins des années sus-dites n'ont quasiment rien à envier à ceux d'aujourd'hui en ce qui concerne les sources et les manière quelque peu belliqueuses de résoudre les conflits... Sur le thème, les interrogations sont toujours les mêmes, éternelles, entre autres : la désignation des chefs, la place des filles, la popularité éphémère, la violence spontanée, les idées politiques des parents qui déteignent sur leurs progénitures, la peur de l'autre... Tout y est et y sera toujours !


Je ne fais pas partie moi non plus des "c'était mieux avant !", la preuve, j'ai toujours été relativement minable devant un ballon et je persiste à dire que je préfère les soins dentaires d'aujourd'hui à ceux du siècle passé. Il n'empêche que le thème de l'enfance nous touche tous un peu à sa propre échelle ; chacun étant passé par là... avec plus ou moins de bonheur...

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ÉLias_ 04/04/2007 19:27

Pas lu celui-ci, mais je considère Baru comme un vrai génie du dessin. J'adore le dynamisme de son découpage, la perfection de ses décors et la vitalité de ses récits (j'en suis même jaloux en fait).

É.