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mes petits détails de lecture (surtout BD), petits détails de vie

Le petit bluff de l'alcootest de Jean Bernard Pouy

19 Octobre 2006 , Rédigé par Le steph Publié dans #romans avec des lettres et des mots

    Il y a des livres ou des auteurs qui au delà de leur talents vous marquent plus que tout. Jean Bernard Pouy est de ceux-là pour moi. Il est complètement associé à  la seconde période de ma vie estudiantine dans les années 90. Un ami de lycée, Frédéric,  m'a proposé une collocation dans un petit appartement bordelais. Cela m'a permis de "reprendre mes études" (ethnologie, j'en reparlerais sûrement ici plus tard). Le Fred était passionné de polars et il m'y a converti. Dès les premiers temps de la cohabitation, il m'a conseillé Jean Bernard Pouy.
L'homme à l'oreille croqué, La belle de Fontenay, La clé des mensonges, Spinoza encule Hegel...

    J'ai donc, depuis, dévoré et suivi ses différentes productions chez différents éditeurs.
Quand il a lancé le Poulpe, j'ai acheté les premiers volumes, le sien et quelques autres.
Je l'ai croisé à deux reprises, lors d'un éphémère salon du polar à Bègles et pendant un salon de la BD à Angoulême.

    Dernièrement, je suis "tombé" sur lui sur France Inter où il expliquait qu'il avait été chargé de lancer une collection hommage de polars. Partant du constat que la mythique série noire était plus que moribonde, un petit éditeur publie quelques pointures du polar français (Daeninckx, Prudon et donc Pouy) dans des créations originales d'une centaine de pages (budget réduit oblige visiblement). Hommage donc à la vieille dame du roman noir à prix modéré pour deux raisons : la maquette de ces nouveaux livres en reprenant ouvertement le lettrage et la mise en page. Seconde référence : Jean Bernard P est adepte de l'écriture avec contrainte telle les écritures oulipiennes. Pouy et ses camarades devaient choisir un titre des classiques de la Noire et trouver le jeux de mots potentiellement le plus stupide possible (il avait utilisé un processus similaire avec le Poulpe). Une fois le forfait réalisé, ils s'en servent comme point de départ du nouveau récit.


    Dans le cas du roman que j'ai lu, le polar de référence était "Le petit bleu de la côte ouest" de Jean Patrick Manchette, un standard des standards.

    L'histoire : le correspondant local de Ouest-France tombe par hasard (comme toujours) sur une histoire minable d'un contrôle d'alcootest qui semble dissimuler une affaire beaucoup plus sombre qu'il n'y parait mêlant sectes, intégriste gothisme et rock'n'roll...

Comme souvent avec Pouy, le point de départ est alléchant et l'on se demande d'où lui est venue l'idée de base et vers où va-t-il nous amener. Comme Daeninckx, rien n'est totalement gratuit et il en profite pour nous faire passer des messages sociétales qui lui sont chers. Hélas, la fin nous laisse un peu sur la notre ! On se demande si il s'est fait porter par son récit en écriture automatique ou si il s'est  laissé surprendre par la pagination limitée. Bref... N'empêche, la lecture de l'ensemble est agréable et le personnage principale suffisamment looser pour être attachant.

Pour conclure, je dois reconnaître que ce roman ne fait pas partie de mes
Pouy préférés  (54 X 13, L'homme à l'oreille croquée, Cinq nazes, La petite cuillère a cafté...) mais comme quasiment toujours avec cet auteur, j'ai passé un moment plus qu'agréable avec ce livre sans prétention... de l'aveu même de l'auteur ! Alors si vous aimez les polars locaux sans pour autant être labellisés "du terroir", faites comme moi, lisez-le

Photo de JB Pouy par Olivier Roller

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