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mes petits détails de lecture (surtout BD), petits détails de vie

"Nuit noire" de Chauvel et Lereculey

9 Septembre 2006 , Rédigé par Le steph Publié dans #bd "franco- belge"

J'ai découvert Chauvel avec l'album "Trois allumettes" réalisé avec Boivin, assez prenant avec des astuces scénaristiques. Ensuite, j'avais lu une interview de lui dans feu "Pavillon rouge" où il déclaré en substance vouloir devenir Alan Moore ou rien...  Depuis je jette toujours un oeil sur ses productions. Je ne suis pas déçu. Dans l'ensemble, les scénari sont relativement bons mais, parfois, certains choix graphiques ("Ce qui est à nous") pêchent un peu à mon goût...


Je suis donc tombé sur "Nuit noire" (version réunissant les trois albums). Je sais que ce n'est pas une nouveauté, mais il n'est jamais trop tard. En le feuilletant, on se rend compte que le dessin de  Jérôme Lereculey (auteur d'"Arthur" sur un scénario de Chauvel également) est assez fouillé et précis, riche en hachures sans en abuser.


Road movie nocturne de deux paumés de banlieue qui s'avancent inexorablement vers la mort et la déchéance. Tuant "accidentellement" deux policiers menant une enquête de routine, Joël et Marc roulent vers l'Espagne dans l'espoir très hypothétique de se refaire une virginité de l'autre côté des Pyrénées.


La narration est osée. On connaît dès le départ l'issue dramatique du récit. Mais grâce aux astuces scénaristiques et aux flash-back intelligemment utilisés. On suit avec intérêt l'itinéraire de l'enfance à l'âge adulte (ingrat ?) des deux "héros" dans une cité ordinaire. L'un d'eux va être jugé et il narre à son avocat commis d'office leur minable escapade sans issue, gardant pour le lecteur l'aparté d'un parcours en amitié de deux loosers.


Le parti-pris de nous dévoiler assez rapidement la chute narrative rend obsolète l'espoir d'une porte de sortie positive dans le schéma qui se construit mentalement chez le lecteur. Pour autant, l'attrait ne faiblit pas et Chauvel sait faire rebondir son histoire au fil des trois chapitres. Il aborde donc des thèmes aussi risqués que l'éducation, le handicap, la banlieue... Ainsi, le côté "polar noir et social" fait tendre ce livre vers Didier Daenynx et  J. Patrick Manchette. Il y a pire comme référence !

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mon gars Chauvel 02/10/2006 10:21

"Etre Alan Moore ou rien", oui, je l'ai dit parce c'est vrai que c'est comme ça que je voyais les choses à l'époque (j'avais vingt ans...)mais il me semblait avoir ajouté dans cette interview (et bien d'autres) que ce serait donc rien, ou en tout cas pas grand chose comparé à lui.Et c'est très bien comme ça.Voilà, je voulais juste rectifier pour être sûr qu'on comprenne bien que je n'ai pas cette prétention et c'est heureux car la comparaison serait bien douloureuse... :)

stef du aaablog 16/09/2006 10:57

C'est clairement la meilleure série de Chauvel, l'une des meilleures du catalogue Delcourt, la trace d'une époque de rigueur artistique.