Mercredi 12 octobre 2011
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Publié dans : BD asiatiques
Par Le steph
J'ai beau apprécier de nombreux mangas, je dois reconnaître que depuis quelques temps, dans le vaste monde de la bande dessinée
asiatique, on tend parfois vers une uniformité dans le dessin mais aussi dans le scénario (1). Tout ça pour dire que la lecture de SOIL de Atsushi Kaneko a été une révélation.
Le trait
Nous ne sommes pas ici avec des personnages sans âge défini avec de grands yeux étonnés. Dans Soil, le physique des personnages est assumé. Les
vieux sont vieux, les jeunes, jeunes, les yeux sont bridés...
En complète adéquation avec le scénario, les décors sont froids et malsains, ils reflètent parfaitement ces cités propres sur elles mais où il ne
faut pas trop gratter...
Le trait propre de prime abord se retrouve gras et poisseux quand on s'enfonce dans cette histoire étouffante. Bien que totalement asiatique, le
graphisme m'a parfois fait pensé à Charles Burns, période "Black hole"... le trait et l'histoire en fait...
L'histoire
Soil est une petite ville-nouvelle japonaise. Pendant une courte panne d'électricité une famille modèle a disparu, ainsi qu'un policier municipal,
des immenses pyramides de sel sont apparus...
Un inspecteur et sa co-équipière sont chargé de l'enquête avec les flics locaux. Assez rapidement le malaise s'installe avec la présentation des
nombreux personnages secondaires.
Ce sentiment d'angoisse sous couvert d'une cité radieuse rappelle également David Lynch, époque Blue Velvet. Et ceci va de façon exponentielle.
Ayant lu les trois premiers tomes, je peux écrire que cela ne s'arrange pas. L'histoire, d'ailleurs n'est pas à mettre sous tous les yeux, elle s'adresse tout de même à un public
averti.
Plusieurs thèmes sont abordés : la violence et le mal-vivre chez les jeunes, les déviances sexuelles, l'hypocrisie de voisinage dans les quartiers
résidentiels, l'omniprésence de l'image et des écrans... Thèmes lourds sans pour autant tomber l'écueil d'une pseudo sociologie de supermarché. En effet, l'histoire avec ses différents
rebondissements n'en oublient pas d'avancer, nous égarant avec délectation sur des fausses pistes...
Un fil rouge : les relations ambiguës entre les deux policiers lui, Yokoi, grossier, lourd, macho et blasé ; elle, Onoda, complexée, volontaire et intuitive...
Donc, pour moi, une petite révélation qui mérite le détour et votre attention, si vous avez envie d'être un peu brassé dans votre train-train
de bédéphile.
A lire sans tarder...
(1) Comptez le nombre de séries qui parlent d'un jeune qui arrive dans un nouveau lycée ou d'un délinquant qui se retrouve dans une geole au
fonctionnement douteux.
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